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Prochaine journée scientifique ALFEST



" L'EXPERTISE "

Jeudi 3 décembre 2009
Ecole du Val de Grace



PROGRAMME et BULLETIN D'INSCRIPTION


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INTERVENANTS ET INTITULE DES INTERVENTIONS



Claude Lienhard
Le cadre juridique et judiciaire de l'expertise aux fins d'évaluation médico-légale des domages subis par la personne traumatisée

Claude Barrois
Les barèmes

Liliane Daligand
Les enjeux de l'expertise pour la victime

Françoise Sironi
L'expertise psychologique des crimes contre l'humanité

Louis Mury et Jean François Corbin
La vie après les camps : 300 expertises de déportés

Christian Mormont
La crédibilité

Louis Crocq
Névrose traumatique : Les points clés de l'expertise



ARGUMENTAIRE
L’EXPERTISE DE LA PERSONNE TRAUMATISEE (L. Crocq)



Après avoir méconnu ou dénié pendant des siècles la souffrance des victimes de traumatismes psychiques, leur infligeant ainsi ce deuxième trauma qu’est l’indifférence ou l’oubli de leurs concitoyens, notre société contemporaine se résout enfin à reconnaître leur douleur et se préoccupe de leur procurer une juste compensation.

Compensation, indemnisation, rente, réparation, réhabilitation (chez les Anglo-Saxons), réinsertion... autant de termes qui ne sauraient exprimer adéquatement l’acte de justice par lequel notre société « matérialiste » cherche à apaiser la douleur du traumatisé et mettre fin à sa solitude, tout en se débarrassant à bon compte de sa propre culpabilité. Mais en est-on quitte avec les tourments du trauma pour en avoir « payé » le prix tarifé de sa douleur apparente ?

D’autant plus que, dans son intension compatissante et liquidatrice, la communauté des indemnes va imposer à la victime le long parcours des enquêtes et des procédures judiciaires, déroulé selon un fléchage kafkaïen et jalonné de chausse-trappes ; autant d’occasions pour la victime de revivre son trauma et de raviver les déchirures de son âme.

Dans ce parcours, la victime va être soumise à une expertise – expertise psychiatrique ou expertise psychologique – au cours de laquelle elle sera interrogée, examinée et évaluée par un expert (psychiatre ou psychologue), qui sera missionné par le juge pour inventorier et estimer sa souffrance (souffrance développée depuis l’instant traumatique et perdurant ensuite), et chiffrer cette évaluation par un taux d’invalidité ou un taux d’incapacité partielle permanente (I.P.P.), selon un barème. Dans le cadre de cette opération d’expertise, la souffrance de la personne traumatisée ne saurait se confondre avec le « préjudice moral », qui se réfère à un autre domaine de son existence ; car le traumatisme psychique est reconnu comme une « blessure », et l’expert a devant lui un « blessé psychique ». Et son acte d’expertise demeure un acte médical ; d’ailleurs, bien que le but de l’expertise ne soit pas thérapeutique, on reconnaît qu’une expertise humainement conduite et équitablement établie exerce, par surcroît, un effet thérapeutique indéniable, procurant l’apaisement à l’âme meurtrie en quête de reconnaissance.

La tâche de l’expert est difficile. Comment trancher entre la légitime réclamation de la victime marquée par sa blessure narcissique mais dominée par le sentiment d’une perte irréparable, et les attitudes sceptiques des représentants des compagnies d’assurance, à l’affût des exagérations, sursimulations et sinistroses ? A quel barème se référer pour l’évaluation des séquelles et de la souffrance ? Quand on sait que trois experts des compagnies d’assurance viennent de proposer une révision à la baisse d’un des barèmes officieux qui avait rallié le consensus des experts depuis vingt ans. Mais le seul barème officiel est celui du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, établi par décret, qui recommande d’adopter une attitude humaine et compréhensive vis-à-vis du requérant, et qui offre une fourchette élargie des taux d’invalidité, soit de 0 à 100% (J.O. du 12 janvier 1992), tant il est vrai que des traumatismes très sévères peuvent s’avérer très invalidants, faisant de celui qui en est frappé une véritable épave à charge de son entourage.

Quoi qu’il en soit, l’expert se devra d’acquérir et de perfectionner son savoir en matière de pathologie psycho-traumatique. Dans un vingtième siècle où, par deux fois, la société émergeant du cauchemar des guerres mondiales s’en est revenue à ses occupations et à ses plaisirs en se détournant des laissés-pour-compte du trauma, la pathologie psycho-traumatique s’est trouvée absente des manuels et des programmes d’enseignement de la psychiatrie ; et il y eu des experts qui ignoraient l’existence de la névrose traumatique, et d’autres qui, attachés au critère d’organicité, en déniaient passionnément l’existence.

Les traumas font autant de destins compromis que de souffrances de l’âme, et il est juste que – par la personne de son expert – la société se penche sur la personne du blessé psychique et lui accorde non seulement l’équitable indemnisation de l’altération traumatique de son psychisme, mais aussi, à lui qui revient des enfers, l’attitude compréhensive et l’écoute empathique qui vont le libérer de son enfermement et permettre son retour dans la communauté des vivants.



Congrès internationaux de l'ISTSS (International Society for Traumatic Stress Studies



November 5-7, 2009
ISTSS 25th Annual Meeting
With Pre-Meeting Institutes Nov. 4
The Westin Peachtree Plaza
Atlanta, Georgia, USA

April 19, 2010
ISTSS Psychotraumatology Meeting
Zürich World Trade Center
Zürich, Switzerland

November 4-6, 2010
ISTSS 26th Annual Meeting
With Pre-Meeting Institutes Nov. 3
Le Centre Sheraton Montreal Hotel
Montréal, Québec, Canada

Adhésion à l'ALFEST


Télécharger le bulletin d'inscription à l'ALFEST en 2009
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Présentation de l'ALFEST



L'Association de Langue Française pour l'Etude du Stress et du Trauma (ALFEST) est une association à but non lucratif, régie par la loi de 1901. Créée en 1990, sur initiative du Médecin Général et professeur Louis Crocq, président fondateur, elle constitue la branche "de langue française" de l'International Society for Traumatic Stress Study (ISTSS).

Elle a pour but :

de promouvoir et effectuer des études et recherches en langue française sur le stress et le traumatisme psychique (ou trauma), en particulier le stress et le trauma éprouvés par les victimes, les témoins et les sauveteurs lors d'accidents, de catastrophes, d'attentats et d'agressions diverses mais aussi de violences, physiques, agressions sexuelles, prises d'otages et tortures etc. Les syndromes psychotraumatiques qui en résultent peuvent se manifester dans l'immédiat, le post-immédiat et le chronique.


de publier, faire connaître et diffuser les résultats de ces études et travaux menés en France et en langue française à l'étranger, beaucoup de ces travaux paraissent dans la Revue Francophone du Stress et du Trauma (revue trimestrielle créée en 2000).


de dégager de ces études et recherches des éléments utiles pour améliorer la thérapeutique des syndromes psychotraumatiques, à court, moyen et long terme et soulager, voir guérir les victimes qui en souffrent.


de promouvoir et d'assurer l'enseignement et la formation de médecins, de psychologues, et de tout personnel appelé à intervenir auprès des victimes.


d'organiser des réunions scientifiques entre chercheurs et praticiens de toutes disciplines (médecins, biologistes, physiologistes, psychologues, travailleurs sociaux, pharmacologues, juristes, etc.), de participer à des congrès internationaux et d'établir et entretenir des contacts avec les praticiens et chercheurs travaillant sur le même sujet dans d'autres langues. Chaque année, l'Alfest organise 2 journées scientifiques. Les thématiques sont centrées sur la clinique et la prise en charge du psychotraumatisme. Quelques thèmes des dernières années : "le traumatisme psychique et ses séquelles", "les traumatismes causés par la guerre, 1995 - Pour le 50ème anniversaire de l'armistice de 1945", "le trauma chez l'enfant", "la culpabilité", "deuil et traumatisme", "guerres et terrorismes", "l'action humanitaire", "dissociation, stress et traumatisme", "thérapeutiques", "clinique de troubles dissociatifs", "mémoire traumatique et pratiques thérapeutiques".


L'ALFEST, qui comprend des membres venant de divers pays francophones (Belgique, Canada, France, Liban, Suisse, pays du Maghreb et pays d'Afrique Sub-Saharienne) a aussi des adhérents venant d'autres pays mais pratiquant le français (entre autres Argentine, Italie, Etats-Unis et Royaume Uni.)